LA BELLE AU BOIS DE COCO

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LA BELLE AU BOIS DE COCO

Message par daniel le Sam 5 Mar - 17:56

La belle au bois de coco
http://www.vivantinfo.com/numero1/noix_de_coco.html

Séchage de la fibre de noix de coco à Praia Grande. © DaimlerChrysler
Séchage de la fibre de noix de coco à Praia Grande.
© DaimlerChrysler
L'alliance de scientifiques et des populations paysannes peut-elle stimuler durablement le développement économique régional ?
Cette chronique souriante, qui décrit un emploi original de la noix de coco au Brésil, porte à le croire.


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Tout le monde connaît la fable du carrosse qui se transforme en citrouille, mais qui connaît l'histoire de la noix de coco qui se transforme en Mercedes ? C'est pourtant une histoire tout à fait authentique et elle contraste agréablement avec les nouvelles alarmantes que l'on reçoit des quatre coins du monde.
Sous le signe de la noix de coco

Or donc, pendant des siècles, les habitants de Praia Grande, sur l'île de Marajó, à l'embouchure de l'Amazone, ont vécu sous le signe de la noix de coco. L'humble fruit fournissait aux indigènes de quoi boire son lait, de quoi manger sa pulpe et même un petit revenu, puisqu'ils vendaient le surplus de noix à Belém, la capitale de l'État. Last but not least, on pouvait gratis faire sa sieste à l'ombre du cocotier, après s'être gorgé de ses fruits. Peut-être avaient-ils aussi découvert l'art de tisser les tapis et celui de fabriquer de solides cordes pour le hamac. Bref, le paradis sur Terre. Évidemment, on n'avait ni l'eau courante, ni le béton armé, ni l'Internet, mais qu'importe tout cela quand on a la noix de coco.
Culture de cocotiers. © DaimlerChrysler
Culture de cocotiers. © DaimlerChrysler

Puis, le développement du Brésil aidant, les lumières de la ville se firent de plus en plus brillantes et les habitants de Praia Grande se mirent à émigrer en masse pour s'entasser dans les bidonvilles de la capitale. Histoire hélas classique qui se produit un peu partout, de Casablanca à Phnom Penh, du Caire au Cap.

D'habitude, cela fait des mégalopoles polluées et des citadins maladifs et grognons, coupés de leur racines et tirant le diable par la queue. Mais pas nos sympathiques indigènes de Praia ! Eux connaissent maintenant un tout autre sort : ils quittent les bidonvilles pour rentrer fièrement chez eux, attirés par le boom que connaît leur village. Depuis 1993, le revenu à Praia a en effet augmenté de 700 % grâce, vous l'avez deviné, à la noix de coco.
Une providentielle fibre naturelle

Tout commence au début des années 1990 lorsque l'université de l'État de Para (Belém) lance des projets destinés à permettre aux indigènes de rester sur leurs terres ancestrales sans pour autant qu'ils se lancent dans la déforestation et la monoculture, qui appauvrit les sols.

Les chercheurs brésiliens prennent contact avec les ingénieurs allemands de Daimler-Benz (aujourd'hui DaimlerChrysler), auxquels ils démontrent les vertus de la coquille de la noix de coco. Sa fibre, composée de cellulose (60 %) et de lignine (40 %), est souple, résistante, perméable et elle contient un fongicide naturel. Surtout, elle est moins chère et tout aussi performante que le polyuréthane et la fibre de verre, qu'elle peut donc avantageusement remplacer.

Daimler-Benz se met immédiatement à remplacer les fibres synthétiques utilisées pour la fabrication et le revêtement de nombreuses pièces techniques par la providentielle fibre naturelle. Les Mercedes produites sur place fleurent bon la coconut et dansent la samba dans les pubs. Volant au secours du succès, sept autres villages, outre Praia Grande, se lancent dans l'aventure de la noix de coco, qu'ils cultivent, récoltent et transforment dans leurs mini-usines. Le revenu moyen y est maintenant le triple du salaire minimum. Le million de dollars de chiffre d'affaires sera atteint cette année. Des Indiens millionnaires sans même attaquer la diligence, voilà qui n'est pas courant !
Fibres de coco entreposées
Fibres de coco entreposées

Espérons que cette initiative fera école dans le monde entier. Nature et économie peuvent faire bon ménage. Pour ma part, je forme le vœu que l'alfa et l'argan de ma jeunesse, ainsi que les algues de la plage de Sidi Bouzid, permettent un jour à mes « pays » de rester chez eux au lieu d'aller s'entasser dans les lugubres banlieues de la grande ville.

Et s'ils deviennent millionnaires en dollars, qu'ils pensent à moi…
Fouad Laroui
Ecrivain, professeur d'économie
Dernier ouvrage paru :
La Fin Tragique de Philomène Tralala, Julliard, 2003.


Pour en savoir plus

* Programme Poema (Programa Pobreza e Meio Ambiente na Amazônia, Programme Pauvreté et Environnement en Amazonie) de l'Université fédérale de Para (UFPA)

* Inter-American Foundation
* Présentation du projet par DaimlerChrysler

_________________
Posté par
Daniel Ricout
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